Mettre en place une action

Vous êtes un enseignant, un professionnel de Santé Publique… vous souhaitez mettre en place dans votre structure une action de Santé Publique. Cette rubrique vous donnera quelques clefs pour réussir votre projet.

L’impulsion du chef d’établissement

Lorsqu’un chef d’établissement est convaincu du bien-fondé et de l’intérêt d’un projet, il a suffisamment d’assise hiérarchique pour mobiliser le personnel et déléguer la mise en place du projet dans son établissement. Sans l’aval du chef d’établissement, aucune action ne peut se mettre en place. En amont de toute action, une charte d’intervention en milieu scolaire est signée par le représentant de l’établissement.

Un accompagnement des équipes éducatives

De préférence par un binôme de techniciens compétents en méthodologie de projet et qui connaissent bien la thématique traitée, ainsi que les partenaires locaux. Le binôme d’accompagnement doit maîtriser les enjeux et les contours du projet, savoir les présenter aux équipes éducatives. Dans son rôle d’accompagnateur, le binôme doit aider l’équipe éducative à identifier les besoins, les attentes, les ressources de l’établissement et doit laisser émerger les projets. Il n’est pas question ici de faire à la place de l’équipe, notamment de proposer des actions clef-en-main, mais plutôt de faire avec l’équipe, ce qui est plus délicat, mais aussi permet de l’autonomiser à terme.

Les compétences et le nombre de personnes composant l’équipe éducative

Impliqués dans le programme, nommés « Référents scolaires », ils sont des clefs de réussite du programme. Nous conseillons de demander au Chef d’établissement de déléguer cinq Référents scolaires sur le programme dans l’établissement. Lorsque le Référent scolaire est seul, il a tendance à rapidement s’épuiser. Les compétences les plus souvent mobilisées sont celles d’un Proviseur-adjoint, qui représente la Direction, un infirmier scolaire, qui est le représentant sanitaire dans l’établissement avec le médecin scolaire (peu mobilisable généralement) et un Conseiller Principal d’Education (CPE), qui possède des fonctions d’organisation, indispensable dans la mise en place des actions. La participation d’un enseignant est toujours appréciée, pour ses compétences pédagogiques et l’élaboration de contenus qui seront utilisés en cours avec les élèves. Des personnels techniques sont les bienvenus, tels que le Chef cuisine et le Documentaliste.

La durée du programme

Pour que les objectifs et la philosophie d’un programme d’envergure soient compris et déployés dans l’établissement, il est nécessaire d’installer les actions sur la durée. Nous préconisons trois ans. La première année permet de dresser l’état des lieux des besoins et des attentes de l’établissement au regard de la thématique traitée, d’identifier des groupes de bénéficiaires d’actions et de commencer à mettre en place les premières actions. La deuxième année ancre le programme dans une dynamique constructive, permet d’aborder plus en profondeur la thématique, d’évaluer plus finement les actions. La troisième année permet de poser la question de l’autonomisation des Référents scolaires, voire de les former tant sur la méthodologie de projet, que sur la thématique abordée.

Si des actions ont lieu dans plusieurs établissements

Il est nécessaire qu’elles soient coordonnées entre elles, par une équipe dédiée. Cette équipe composée de 3 à 4 membres, gère globalement le programme, ses objectifs, son déroulement et son évaluation. Elle mobilise et soutient les binômes d’accompagnement.

Un Comité de pilotage

Enfin, pour tout programme d’envergure, un Comité de pilotage doit être créé. Il rassemble les financeurs, les promoteurs et toutes compétences qui semblent nécessaires ponctuellement ou de manière permanente, à la prise de décisions. En milieu scolaire, le Rectorat ou l’Inspection d’académie, seront des acteurs indispensables. Le Comité de pilotage est ainsi l’organe de décisions du programme.

La culture commune

Les établissements scolaires qui ont l’habitude de mener des projets, qui ont des acteurs en interne moteurs dans la conduite des actions, rencontrent moins de difficulté. La culture de prévention et d’éducation pour la santé ne se décrète pas ; elle se construit progressivement, par des réflexions sur les actions, par des formations méthodologiques, suivies par les équipes.

La communication

« Faire » et « faire savoir » sont deux notions complémentaires. Lorsqu’on met en place une action, la communication a une place importante. Sans communication, pas d’action. Mais l’action ne doit pas être un outil de communication. La communication concerne aussi bien les bénéficiaires directs des actions, qui sont généralement les élèves, mais aussi l’ensemble des équipes enseignantes, techniques et de direction. Il est préférable d’informer aussi les parents d’élèves, via les fédérations de parents d’élèves.
Les outils de communication déployés peuvent être divers, tels que des affiches, des lettres d’informations, des flyers, un site Internet dédié, … La communication permet d’apporter une identité, la plupart du temps visuelle, au programme.
Des interventions en Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC), en classes, ou lors de regroupements d’élèves ou d’enseignants, peuvent être demandées, si le programme revêt une certaine envergure.